« Je n’écris plus ; je ne peux plus écrire ; je me heurte à quelque extraordinaire difficulté que je ne peux analyser encore et réduire - un véritable tétanos intellectuel. »
André Gide - Correspondance avec Eugène Rouart : Tome 1, 1893-1901dimanche 11 novembre 2018
« Nous ne saurions apprendre à nager en lisant des ouvrages consacrés à l’hydrodynamique, ni en demeurant bien au sec au bord de la piscine. Il faut sauter, plonger à pieds joints, oser boire la tasse, couler parfois, et flotter au cœur du tragique. […] Pour foncer vers la grande santé, arrêtons de rêver à un monde aseptisé, purgé du tragique, et amusons-nous à trouver de la joie dans ce bas-monde, au cœur des vicissitudes. » Alexandre Jollien, « La sagesse espiègle »
jeudi 8 novembre 2018
dimanche 4 novembre 2018
samedi 3 novembre 2018
Le Marteau sans maître, 1934
Commune présence
Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
René Char
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