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jeudi 4 juin 2020

Et c'est à ceux qui souffrent que la justice enseigne
Où penche la balance.
Ce qui sera, tu le sauras lorsque cela sera.
D'ici là, amuse-toi,
C'est aussi bien que de pleurer d'avance.
Car l'avenir viendra, transparent, rayonnant."
FR.WIKIPEDIA.ORG
L’Orestie (en grec Ὀρέστεια / Orésteia) est une trilogie dramatique d'Eschyle représentée en 458 av. J.-C. aux Grandes Dionysies d'Athènes, où elle remporte le premier prix. Elle est composée de trois tragédies centrées sur…

lundi 4 mai 2020


"Si nous voulons qu’un monde meilleur s’élève de cette pandémie, il nous faudra adopter et nourrir cette humilité, cette solidarité engendrées par les sombres heures que nous traversons", 

Pamuk 

dimanche 5 avril 2020

‘’Je suis né en bonne santé dans les bras d’une civilisation mourante, et tout au long de mon existence, j’ai eu le sentiment de survivre, sans mérite ni culpabilité, quand tant de choses, autour de moi, tombaient en ruine ; comme ces personnages de film qui traversent des rues où tous les murs s’écroulent, et qui sortent pourtant indemnes, en secouant la poussière de leurs habits, tandis que derrière eux la ville entière n’est plus qu’un amoncèlement de gravats.
Tel a été mon triste privilège, dès le premier souffle. Mais c’est aussi, sans doute, une caractéristique de notre époque si on la compare à celles qui l’ont précédée. Autrefois, les hommes avaient le sentiment d’être éphémères dans un monde immuable ; on vivait sur les terres où avaient vécu ses parents, on travaillait comme ils avaient travaillé, on se soignait comme ils s’étaient soignés, on s’instruisait comme ils s’étaient instruits, on priait de la même manière, on se déplaçait par les mêmes moyens. Mes quatre grands-parents et tous leurs ancêtres depuis douze générations sont nés sous la même dynastie ottomane, comment auraient-ils pu ne pas la croire éternelle ?
« De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier », soupiraient les philosophes français des Lumières en songeant à l’ordre social et à la monarchie de leur propre pays. Aujourd’hui, les roses pensantes que nous sommes vivent de plus en plus longtemps, et les jardiniers meurent. En l’espace d’une vie, on a le temps de voir disparaître des pays, des empires, des peuples, des langues, des civilisations.
L’humanité se métamorphose sous nos yeux. Jamais son aventure n’a été aussi prometteuse, ni aussi hasardeuse. Pour l’historien, le spectacle du monde est fascinant. Encore faut-il pouvoir s’accommoder de la détresse des siens et de ses propres inquiétudes.
C’est dans l’univers levantin que je suis né. Mais il est tellement oublié de nos jours que la plupart de mes contemporains ne doivent plus savoir à quoi je fais allusion.
Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de nation portant ce nom. Lorsque certains livres parlent du Levant, son histoire reste imprécise, et sa géographie, mouvante – tout juste un archipel de cités marchandes, souvent côtières mais pas toujours, allant d’Alexandrie à Beyrouth, Tripoli, Alep ou Smyrne, et de Bagdad à Mossoul, Constantinople, Salonique, jusqu’à Odessa ou Sarajevo.
Tel que je l’emploie, ce vocable suranné désigne l’ensemble des lieux où les vieilles cultures de l’Orient méditerranéen ont fréquenté celles, plus jeunes, de l’Occident. De leur intimité a failli naître, pour tous les hommes, un avenir différent.
Je reviendrai plus longuement sur ce rendez-vous manqué, mais je dois en dire un mot dès à présent afin de préciser ma pensée : si les ressortissants des diverses nations et les adeptes des religions monothéistes avaient continué à vivre ensemble dans cette région du monde et réussi à accorder leurs destins, l’humanité entière aurait eu devant elle, pour l’inspirer et éclairer sa route, un modèle éloquent de coexistence harmonieuse et de prospérité. C’est malheureusement l’inverse qui s’est produit, c’est la détestation qui a prévalu, c’est l’incapacité de vivre ensemble qui est devenue la règle.
Les lumières du Levant se sont éteintes. Puis les ténèbres se sont propagées à travers la planète. Et, de mon point de vue, ce n’est pas simplement une coïncidence.’’

samedi 21 mars 2020

« Il a été tiré de son sommeil – ça pouvait être la mi-nuit ou plus – par un grand cri qui est venu le toucher dans l’oreille comme une pierre :
— C’est Mamèche !
Sans voir la porte, en deux sauts, il a été dehors. Il avait encore les yeux collés de sommeil.
C’était bien la Mamèche. Elle était là-haut, sur le rempart avec du feu dans la main. Elle haussait la main et le feu. On la voyait tout entière. Elle avait mis sur la tête son fichu noir. La fumée du feu montait vers le nord.
— Que tu as ? crie Panturle de toutes ses forces.
— Rien.
— Malade ?
— Non.
— Alors ?…
Un moment sans répondre ; on dirait qu’elle prend des forces pour bien crier, bien dire.
Elle montre le sud avec son flambeau :
— Ça vient, ça vient !
Elle n’est pas un peu folle ? se demande Panturle.
Quand même il se retourne vers le sud, lui aussi. Ça a changé depuis la tombée du jour : une force souple et parfumée court dans la nuit. On dirait une jeune bête bien reposée. C’est tiède comme la vie sous le poil des bêtes, ça sent amer. Il renifle. Un peu comme l’aubépine. Ça vient du sud par bonds et on entend toute la terre qui en parle.
Le vent du printemps ! »
Jean Giono, "Regain"

dimanche 12 janvier 2020

« Dans la conversation ainsi que dans la danse, chacun est le miroir de l'autre. »
Alain











Albert Einstein - Je suis un cheval pour le harnais individuel, nullement taillé pour le tandem ou l’attelage...
« Mon intérêt passionné pour la justice sociale et la responsabilité sociale s’opposa toujours curieusement à mon inaptitude marquée pour tout désir d’association directe avec les hommes et les femmes. Je suis un cheval pour le harnais individuel, nullement taillé pour le tandem ou l’attelage. Je n’ai jamais appartenu de tout cœur à aucun pays ni à aucun Etat, ni à mes amis, ni même à ma propre famille. Ces liens s’accompagnent toujours d’un vague éloignement, et l’envie de me retirer en moi-même s’est accrue avec les années. Un tel isolement est parfois amer, mais je ne regrette pas d’y être coupé de la compréhension ou de la sympathie des autres. J’y perds quelque chose à coup sûr, mais en revanche je me libère des coutumes, des opinions ou des préjugés d’autrui et ne suis point tenté de fonder ma sérénité d’esprit sur de si mouvantes assises ».
(Albert Einstein)
J'ai piqué ça à un ami qui n'a pas fait un partage publique donc... Dans le doute, je ne le dénonce pas.

vendredi 27 décembre 2019

« Dans la conversation ainsi que dans la danse, chacun est le miroir de l'autre. »
Alain

photo de moa

jeudi 19 septembre 2019

" Et dans la forêt, je vais,
Je me perds et je trouve mon âme."

Ph. Tarkowski

photo de moa

vendredi 12 juillet 2019

Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. RILKE

mardi 18 juin 2019

"Chaque fois que j'entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des années de n'entendre rien qui rende un son humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s'en accommodent, que la colère du peuple n'ait pas encore brisé les fantoches, j'y vois la preuve que les hommes n'accordent aucune importance à leur gouvernement et qu'ils jouent, vraiment oui, qu'ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-disant vitaux".
Albert Camus, "Carnets" (1937)

jeudi 4 avril 2019

Je suis habitué à l'errance,
Tout chemin mène quelque part...
Nos joies autant que nos souffrances
Ne sont que le jouet du hasard...
( Wilhelm Müller )


dimanche 3 février 2019

"J'ai découvert ce secret : après avoir gravi une colline, tout ce que l'on découvre, c'est qu'il reste beaucoup d'autres collines à gravir." N. Mandela, Un long chemin vers la liberté...

samedi 2 février 2019

Nous sommes le fruit de nos rencontres. L'addition de nos erreurs, de nos sentiments, de nos envies, de nos souvenirs. Nous sommes une construction fragile, nous avons besoin de nourrir nos passions, nos joies, nos peines. De se sentir seul au milieu de la foule, de savoir profiter de chaque sens pour apprendre, oublier, recommencer. Que cela soit dans un palais de Tunis, dans un cinéma à St Ouen l'important c'est la rencontre. Ce qui compte ce sont les regards, les sourires. Ce que l'on a envie de donner et envie de prendre, à ce moment précis. Sur la scène du 1789 nous ne sommes que quelques uns à vivre cet instant, simple et généreux. Serge et Khaled présentent quelques morceaux du futur album d'Interzone. Un projet, une rencontre à l'équilibre parfait. Puis quelques mots, des rencontres autour de gâteaux, autour d'une générosité toute simple. Tout est en place pour filmer la session. Il fallait savoir attendre le bon moment. Tout simplement.
Serge Teyssoy-Gay

lundi 28 janvier 2019

La peste écarlate de Jack London

Un roman post apocalyptique avant l'heure.
2E chez Librio

Quatrième de Couverture:

Un vieillard déambule dans la baie de San Fransisco en compagne de ses petits enfants. Vêtus de peau de bête, ils chassent pour se nourrir, se réchauffent autour du feu et se protègent des ours et des loups grâce à l'arc et à la fronde. Nous sommes en 2073. Il y a 60 ans, une terrifiante maladie, la Peste Écarlate, a ravagé l'humanité.
Les rares survivants, retournés à l'état de nature, se sont réunis en tribus sans passé ni culture. Le grand-père, ancien professeur, se souvient du monde d'avant l'épidémie: mais comment le raconter à Edwin, Hou-Hou et Bec-de-lièvre, ces petits sauvages qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter.



Ce que j'en dis...
Un roman très didactique, trop diront certains, sur les travers d'une humanité qui se meurt et où l'homme est un loup pour l'homme... Et sur les travers d'une humanité qui se reconstruit et qui n'a rien conservé de l'ancienne si ce n'est le gôut pour la domination.
Accessible à 11/12 ans.
Merci à la prof de mon fils. J'ai adoré même si lui, avant moi, comme tout bon ado,  a trouvé ça passable.

samedi 26 janvier 2019

Je préfère être un météore superbe, chacun des mes atomes brillants d'un magnifique éclat, plutôt qu’une planète endormie. La fonction propre de l’homme est de VIVRE, non d'exister. Je ne gâcherai pas mes jours à tenter de prolonger ma vie. Je veux brûler tout mon temps. 

Jack London








photo de moa













dimanche 20 janvier 2019

« Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l’amour. » René Char. Citation d’exergue

mardi 8 janvier 2019

« Croyez en ceux qui cherche la vérité,
doutez de ceux qui disent l’avoir trouvé. »
- André Gide
photo de moua

samedi 5 janvier 2019

Des femmes partout. Grand signe. Quand les femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte" : les mots de Jules Vallès sur les Communardes, en 1886

samedi 29 décembre 2018

En marche de Benoît Duteurtre

Résumé: 
 Thomas, jeune député curieux et constructif, entreprend un voyage d’étude en Rugénie. Réformé sous la houlette de l’économiste Stepan Gloss, ce pays est devenu la vitrine du meilleur des mondes possibles entre services privatisés, cités sans voitures et championnats de la Diversité. Une valise à roulettes en guise de bâton de pèlerin, Thomas s’enchante puis s’étonne devant les contradictions de ce décor idéal : où la pollution des villes est rejetée dans les banlieues ; où la campagne n’est plus qu’un décor vendu à la découpe ; où les vieux Rugènes et leurs habitudes s’opposent aux hipsters épris de tri sélectif… Un clin d’œil à Voltaire et à Orwell inspire cette fable de plus en plus grinçante : quand la déréglementation de l’économie va de pair avec l’hyperréglementation des libertés individuelles, et quand la guerre s’invite dans le jeu de la communication.
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Extrait:
Je suis une fille des années soixante. Autant dire que j'ai connu un monde inconcevable pour la plupart d'entre vous. Le progrès, en ce temps-là, semblait une certitude, un mouvement général et irrésistible. Communistes, gauchistes ou capitalistes, tous imaginaient que les lendemains chanteraient, que les découvertes scientifiques et le développement sans fin apporteraient partout plus de richesses, de droits, de justice. Les désaccords ne portaient que sur la méthode : évolution, réforme ou révolution ; mais tous étaient persuadés que les changements rendraient la vie meilleure, tandis que la maîtrise des ressources et des connaissances ouvrirait des perspectives infinies au-delà même de la terre et du système solaire.
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Extrait:
"DONNEZ L'EXEMPLE
en répartissant les déchets de votre séjour :
papiers dans le sac bleu, 
déchets divers dans le sac jaune.
En les déposant avant votre départ
dans l'espace poubelles du sous-sol
vous diminuerez l'empreinte carbone de votre voyage."

La noble intention cachait-elle un calcul mesquin ? Thomas, dans le passé, avait déjà remarqué certains paradoxes du discours écologiste quand, par exemple, sa banque avait invoqué la protection des forêts pour cesser de lui envoyer des relevés de compte - tout en continuant à l'inonder de courriers publicitaires. La même question se posait à présent devant le sac jaune et le sac bleu : s'agissait-il de protéger la planète ou de réduire le coût d'entretien des chambres ? Thomas comprenait pourquoi le personnel semblait si rare dans un établissement de luxe où il y avait si peu de linge à laver et de déchets à ramasser, puisque la clientèle se chargeait de tout. Mais comment contester une mesure visant à protéger la planète ? Le voyageur ouvrit donc le sac bleu pour y glisser ses vieux journaux.
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samedi 1 décembre 2018

Les gens se sentent tellement seuls et abandonnés, qu'ils ont besoin de quelque chose de costaud, qui puisse vraiment tenir le coup. Les chiens, c'est dépassé, les hommes ont besoin des éléphants.
Romain Gary



– Est-ce que je suis envahissante ?
– Terriblement, lorsque tu n’es pas là.
Romain Gary - Clair de femme


J’ai toujours pensé que, moi aussi, j’avais à répondre
à des questions que le destin avait déjà posées à mes ancêtres,
mais auxquelles on avait encore trouvé aucune réponse,
ou bien que je devais terminer ou tout simplement poursuivre
des problèmes que les époques antérieures laissèrent en suspens
Jung(1875-1961 "Ma vie, souvenirs, rêves et pensées")
Jung(1875-1961 "Ma vie, souvenirs, rêves et pensées")