« Oublie ton offrande parfaite », chante Léonard Cohen. « Il y a une fêlure dans toute chose. C’est de cette manière qu'entre la lumière. »"
Affichage des articles dont le libellé est citations. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est citations. Afficher tous les articles
mercredi 8 juillet 2020
lundi 4 mai 2020
mercredi 8 avril 2020
« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir.
Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »
Olivier de Kersauson
Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »
Olivier de Kersauson
vendredi 31 janvier 2020
"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" Antonio Gramsci
"On entre en éthique quand, à l’affirmation par soi de sa liberté, on ajoute ... la liberté de l’autre ..." Paul Ricoeur
"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" Antonio Gramsci
"On entre en éthique quand, à l’affirmation par soi de sa liberté, on ajoute ... la liberté de l’autre ..." Paul Ricoeur
dimanche 12 janvier 2020
« Dans la conversation ainsi que dans la danse, chacun est le miroir de l'autre. »
Alain
Alain
Albert Einstein - Je suis un cheval pour le harnais individuel, nullement taillé pour le tandem ou l’attelage...
« Mon intérêt passionné pour la justice sociale et la responsabilité sociale s’opposa toujours curieusement à mon inaptitude marquée pour tout désir d’association directe avec les hommes et les femmes. Je suis un cheval pour le harnais individuel, nullement taillé pour le tandem ou l’attelage. Je n’ai jamais appartenu de tout cœur à aucun pays ni à aucun Etat, ni à mes amis, ni même à ma propre famille. Ces liens s’accompagnent toujours d’un vague éloignement, et l’envie de me retirer en moi-même s’est accrue avec les années. Un tel isolement est parfois amer, mais je ne regrette pas d’y être coupé de la compréhension ou de la sympathie des autres. J’y perds quelque chose à coup sûr, mais en revanche je me libère des coutumes, des opinions ou des préjugés d’autrui et ne suis point tenté de fonder ma sérénité d’esprit sur de si mouvantes assises ».
(Albert Einstein)
J'ai piqué ça à un ami qui n'a pas fait un partage publique donc... Dans le doute, je ne le dénonce pas.
(Albert Einstein)
J'ai piqué ça à un ami qui n'a pas fait un partage publique donc... Dans le doute, je ne le dénonce pas.
vendredi 27 décembre 2019
samedi 10 août 2019
Murakami, les amants du Spoutnik
Chacun d'entre nous a connu un événement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont de la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torches pour illuminer leur vie tout entière. Mais, une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée.
Chacun d'entre nous a connu un événement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont de la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torches pour illuminer leur vie tout entière. Mais, une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée.
Demain, un avion me ramènera à Tokyo. Les vacances d'été seront finies, et je me replongerai dans un quotidien qui se répétera sans fin. Là-bas se trouve ma place. Mon appartement, mon bureau, ma salle de classe, mes élèves m'attendent.
Des jours paisibles, des romans à lire, des aventures occasionnelles aussi.
Pourtant, je ne serai plus jamais le même. Mon entourage ne s'en rendra pas compte, parce que rien dans mon apparence n'aura changé. Mais quelque chose en moi aura disparu, se sera consumé. Du sang a été versé. Quelqu'un, quelque chose, a quitté l'intérieur de mon être. En baissant la tête, sans un mot. Une porte s'est ouverte, une porte s'est refermée. Une lumière s'est éteinte. Aujourd'hui, celui que j'étais vit son dernier jour. Il contemple son dernier crépuscule. Quand l'aube se lèvera, celui que je suis maintenant aura disparu et un autre habitera ce corps.
Des jours paisibles, des romans à lire, des aventures occasionnelles aussi.
Pourtant, je ne serai plus jamais le même. Mon entourage ne s'en rendra pas compte, parce que rien dans mon apparence n'aura changé. Mais quelque chose en moi aura disparu, se sera consumé. Du sang a été versé. Quelqu'un, quelque chose, a quitté l'intérieur de mon être. En baissant la tête, sans un mot. Une porte s'est ouverte, une porte s'est refermée. Une lumière s'est éteinte. Aujourd'hui, celui que j'étais vit son dernier jour. Il contemple son dernier crépuscule. Quand l'aube se lèvera, celui que je suis maintenant aura disparu et un autre habitera ce corps.
Murakami, les amants du Spoutnik
Bien sûr, il n’était pas facile pour moi d’accepter qu’elle n’éprouvât presque aucun (pour ne pas dire aucun) intérêt pour moi en tant que représentant du sexe masculin. En sa présence, je ressentais parfois une souffrance aussi aigüe que si une lame de sabre avait pénétré dans mes chairs. Pourtant, en dépit de cette souffrance, les moments passés en sa compagnie étaient plus précieux que tout à mes yeux. C’était seulement auprès d’elle que je parvenais à oublier le sentiment de solitude inscrit en filigrane dans ma vie. Elle élargissait les limites du monde où je vivais, m’aidais à respirer plus profondément. Personne d’autre ne me faisait cet effet.
Bien sûr, il n’était pas facile pour moi d’accepter qu’elle n’éprouvât presque aucun (pour ne pas dire aucun) intérêt pour moi en tant que représentant du sexe masculin. En sa présence, je ressentais parfois une souffrance aussi aigüe que si une lame de sabre avait pénétré dans mes chairs. Pourtant, en dépit de cette souffrance, les moments passés en sa compagnie étaient plus précieux que tout à mes yeux. C’était seulement auprès d’elle que je parvenais à oublier le sentiment de solitude inscrit en filigrane dans ma vie. Elle élargissait les limites du monde où je vivais, m’aidais à respirer plus profondément. Personne d’autre ne me faisait cet effet.
dimanche 9 juin 2019
#RIP Michel Serres
« Le mariage gay et la Sainte Famille.
Cette question du mariage gay m’intéresse en raison de la réponse qu’y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le Ier siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c’est celui de l’Église, c’est la Sainte Famille.
Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus, le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme.
Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c’est ce que Lévi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté.
Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l’adoption.
L’Église, donc, depuis l’Évangile selon saint Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter mais de se choisir.
À tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant “je t’ai choisi”, “je t’adopte car je t’aime”, “c’est toi que j’ai voulu”. Et réciproquement : l’enfant choisit aussi ses parents parce qu’il les aime.
De sorte que pour moi, la position de l’Église sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de deux-mille ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l’Évangile selon saint Luc, ou de se convertir. »
#MichelSerres
« Le mariage gay et la Sainte Famille.
Cette question du mariage gay m’intéresse en raison de la réponse qu’y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le Ier siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c’est celui de l’Église, c’est la Sainte Famille.
Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus, le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme.
Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c’est ce que Lévi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté.
Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l’adoption.
L’Église, donc, depuis l’Évangile selon saint Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter mais de se choisir.
À tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant “je t’ai choisi”, “je t’adopte car je t’aime”, “c’est toi que j’ai voulu”. Et réciproquement : l’enfant choisit aussi ses parents parce qu’il les aime.
De sorte que pour moi, la position de l’Église sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de deux-mille ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l’Évangile selon saint Luc, ou de se convertir. »
#MichelSerres
vendredi 3 mai 2019
lundi 25 mars 2019
Maudits
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....
Maudits
Joyce Carol Oates
___________________
Il est bon de se rappeler que Jésus nous engage à regarder au fond des âmes sans nous laisser éblouir par les apparences;
Maudits
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....
Maudits
Joyce Carol Oates
___________________
Il est bon de se rappeler que Jésus nous engage à regarder au fond des âmes sans nous laisser éblouir par les apparences;
Maudits
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....
Maudits
Joyce Carol OatesMais Winslow ne parut pas comprendre et reprit obstinément la thèse de son sermon : "L'existence d'un mécanisme aussi complexe prouve l'existence d'un "créateur" - il en va de même pour notre espèce complexe et le vaste monde...
_Non, grand-père: étant donné la diversité et les processus stupéfiants du monde, sans parler de tout ce qui y va horriblement mal, il est plus rationnel de supposer qu'il n'y a pas de "créateur", tout s'est fait par accident et nous devons tâcher de le comprendre.
_ Jamais! Je ne pourrais jamais croire que le monde est un accident et non une "création". Et les gens à qui je parlerai, qui ont foi dans notre enseignement, ne le croiront jamais non plus."
Joyce Carol OatesMais Winslow ne parut pas comprendre et reprit obstinément la thèse de son sermon : "L'existence d'un mécanisme aussi complexe prouve l'existence d'un "créateur" - il en va de même pour notre espèce complexe et le vaste monde...
_Non, grand-père: étant donné la diversité et les processus stupéfiants du monde, sans parler de tout ce qui y va horriblement mal, il est plus rationnel de supposer qu'il n'y a pas de "créateur", tout s'est fait par accident et nous devons tâcher de le comprendre.
_ Jamais! Je ne pourrais jamais croire que le monde est un accident et non une "création". Et les gens à qui je parlerai, qui ont foi dans notre enseignement, ne le croiront jamais non plus."
Winslow s'exprimait avec véhémence avec fureur. Son regard, d'ordinaire bienveillant, brillait de rage. Josiah n'avait jamais vu son grand-père dans cet état, et il se fit aussitôt des reproches, car à quoi servait une telle discussion, en fin de compte? L'ancienne génération croyait ce qu'elle devait croire, se dit-il. Des générations plus jeunes la supplanteront et auront pitié de l'ignorance que leurs aînés qualifiaient fièrement de "foi".*
Marmonnant une excuse, Josiah se glissa hors du bureau de son grand-père.
Ils ne devaient plus jamais discuter du sujet.
Il est pris au piège comme un papillon dans un bocal. Tant qu'il reste de l'oxygène il peut survivre. Mais pas davantage.
Marmonnant une excuse, Josiah se glissa hors du bureau de son grand-père.
Ils ne devaient plus jamais discuter du sujet.
Il est pris au piège comme un papillon dans un bocal. Tant qu'il reste de l'oxygène il peut survivre. Mais pas davantage.
*Josiah Slade fait-il ici preuve de prescience ou de naïveté? Captivé par sa précieuse théorie de l'évolution au point d'imaginer une progression similaire des idées dans la sphère humaine? Jamais en effet la raison ne supplantera la foi tant que durera Homo Sapiens.
Condorcet
"Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ?"
Sur l’admission des femmes au droit de cité, 1790.
"Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ?"
Sur l’admission des femmes au droit de cité, 1790.
De Vigny
"Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur demander pardon."
"Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur demander pardon."
samedi 23 mars 2019
mercredi 27 février 2019
parce que la culture, c'est aussi ça!
Certes un être humain est plus important qu'un objet, mais on peut détruire l'humain en détruisant ses objets///
Primo Lévi dans si c'est un homme:
Il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la nôtre. Ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures et même nos cheveux; si nous parlons, ils ne nous écouterons pas et même si ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom: et si nous voulons le conserver nous devront trouver la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous , de ce que nous étions, subsiste.
Nous savons, en disant cela, que nous serons difficilement compris, et il est bon qu'il en soit ainsi. Mais que chacun considère en soi-même, toute la valeur, toute la signification qui s'attache à la plus anodine de nos habitudes quotidiennes, aux milles petites choses qui nous appartiennent et que même le plus humble des mendiants possède: un mouchoir, une vieille lettre, la photographie d'un être cher. Ces choses là font partie de nous presque autant que les membres de notre corps, et il n'est pas concevable en ce monde d'en être privé, qu'aussitôt nous ne trouvions à les remplacer par d'autres objets, d'autres parties de nous même qui veillent sur nos souvenirs et les font revivre.
Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu'il possède: ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de tout dignité: car il n'est pas rare , quand on a tout perdu, de se perdre soi-même; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. On comprendra alors le double sens du terme "camp d'extermination" et ce que nous entendons par l'expression "toucher le fond."
Primo Lévi dans si c'est un homme:
Il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la nôtre. Ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures et même nos cheveux; si nous parlons, ils ne nous écouterons pas et même si ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom: et si nous voulons le conserver nous devront trouver la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous , de ce que nous étions, subsiste.
Nous savons, en disant cela, que nous serons difficilement compris, et il est bon qu'il en soit ainsi. Mais que chacun considère en soi-même, toute la valeur, toute la signification qui s'attache à la plus anodine de nos habitudes quotidiennes, aux milles petites choses qui nous appartiennent et que même le plus humble des mendiants possède: un mouchoir, une vieille lettre, la photographie d'un être cher. Ces choses là font partie de nous presque autant que les membres de notre corps, et il n'est pas concevable en ce monde d'en être privé, qu'aussitôt nous ne trouvions à les remplacer par d'autres objets, d'autres parties de nous même qui veillent sur nos souvenirs et les font revivre.
Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu'il possède: ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de tout dignité: car il n'est pas rare , quand on a tout perdu, de se perdre soi-même; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. On comprendra alors le double sens du terme "camp d'extermination" et ce que nous entendons par l'expression "toucher le fond."
mardi 12 février 2019
Véronique Ovaldé
Soyez imprudent les enfants
Je savais bien qu'il transportait des tracts depuis chez les rebels jusqu'à Uburuk _ ils avaient une petite imprimerie là-bas_ , et il y a toujours eu de bonnes âmes à Uburuk prêtes à se joindre à la majorité en place, de bonnes âmes qui quémandent un bon point et qui vont en tout bien tout honneur dire ce qu'elles ont à dire à l’occupant fasciste, et qui continuent à se regarder dans le miroir chaque matin avec la conviction du travail bien fait, ou du moins l'assurance qu'il aurait été impossible de faire autrement, c'est nauséabond ma princesse mais c'est comme ça.
....
Soyez imprudent les enfants
Je savais bien qu'il transportait des tracts depuis chez les rebels jusqu'à Uburuk _ ils avaient une petite imprimerie là-bas_ , et il y a toujours eu de bonnes âmes à Uburuk prêtes à se joindre à la majorité en place, de bonnes âmes qui quémandent un bon point et qui vont en tout bien tout honneur dire ce qu'elles ont à dire à l’occupant fasciste, et qui continuent à se regarder dans le miroir chaque matin avec la conviction du travail bien fait, ou du moins l'assurance qu'il aurait été impossible de faire autrement, c'est nauséabond ma princesse mais c'est comme ça.
....
tatoo de Boyanomaly, Lyon (69).
dimanche 3 février 2019
lundi 19 novembre 2018
On était retourné au premier état de la relation humaine. Celui de la curiosité de l'autre.
Entretien avec Michèle Porte - Marguerite Duras
Entretien avec Michèle Porte - Marguerite Duras
Pour Descartes, Dieu est positivement indifférent : la vraie liberté est la liberté morale, celle qui nous permet de choisir le bien librement.
"Ce qui rend une photo poignante, c'est de contempler derrière soi un instant fugace dans un monde flottant."Allen Ginsberg 1990
dimanche 11 novembre 2018
« Je n’écris plus ; je ne peux plus écrire ; je me heurte à quelque extraordinaire difficulté que je ne peux analyser encore et réduire - un véritable tétanos intellectuel. »
André Gide - Correspondance avec Eugène Rouart : Tome 1, 1893-1901mardi 2 octobre 2018
Edvard Munch, The Women, 1895
Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte: la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît: nous avons touché le fond. Il est impossible d'aller plus bas: il n'existe pas, il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la notre. Plus rien ne nous appartient: ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures et même nos cheveux; si nous parlons, ils ne nous écouterons pas, et même si ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom: et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste.
Nous savons, en disant cela, que nous serons difficilement compris, et il est bon qu'il en soit ainsi. Mais que chacun considère en soi même toute la valeur, toute la signification qui s'attache à la plus anodine de nos habitudes quotidiennes, aux milles petites choses qui nous appartiennent et que même le plus humble des mendiants possède: un mouchoir, une vieille lettre , la photographie d'un être cher. Ces choses là font partie de nous presque autant que les membres de notre corps, et il n'est pas concevable en ce monde d'en être privé, qu'aussitôt nous ne trouvions à les remplacer par d'autres objets, d'autres parties de nous même qui veillent sur nos souvenirs et les font revivre.
Qu'on imagine maintenant un homme privé non seulement des être qu'il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement tout ce qu'il possède: ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité: car il n'est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même; ce sera un homme dont on pourra décider de la vie ou de la mort le cœur léger, sans aucune considération d'ordre humain, si ce n'est, tout au plus, le critère d'utilité. On comprendra alors le double sens du terme "camps d'extermination" et ce que nous entendons par l'expression "toucher le fond".
Häftling: j'ai appris que je suis un Häfting. Mon nom est 174 517; nous avons été baptisés et aussi longtemps que nous vivrons nous porterons cette marque tatouée sur le bras gauche.
Primo Levi Si c'est un homme
Inscription à :
Articles (Atom)



















