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dimanche 1 mars 2020

Antoine Volodine Frères sorcières


https://www.rythmes-croises.org/denis-frajerman-antoine-volodine-vociferations-cantopera/

via Wikipédia:

AliasManuela Draeger
Elli Kronauer
Lutz Bassmann
Naissance
Chalon-sur-Saône, Drapeau de la France France
Activité principaleRomancier
DistinctionsGrand prix de l'Imaginaire (1987)
Prix du Livre Inter (2000)
Prix Medicis (2014)

Après des études de lettres, Antoine Volodine enseigne le russe pendant quinze ans et se consacre à l'écriture et à la traduction à partir de 1987. Il commence à publier des romans dans la collection « Présence du futur » des éditions Denoël, tout en déclarant que ses livres n’appartiennent pas au registre de la science-fiction. Il publiera ensuite aux éditions de Minuit, puis chez Gallimard et au Seuil.
Dès ses premiers livres, il construit avec constance un édifice romanesque à plusieurs voix qu'il nomme « post-exotisme ». Il se place délibérément à l'écart des courants littéraires contemporains et se réclame à la fois du réalisme magique et d'une littérature internationaliste, engagée, où se croisent l'onirisme et la politique. Les thèmes de ses ouvrages sont marqués par une réflexion sur l'histoire du xxe siècle, sur les génocides et l'échec des révolutions. Dans un décor souvent ruiniforme ou carcéral, les personnages sont des rescapés hantés par le passé, cherchant à fuir leur misère affective en inventant des univers féeriques ou des espaces parallèles. Profondément attiré par les cultures asiatiques, et en particulier par le chamanisme et le bouddhisme, Antoine Volodine met volontiers en scène des hommes et des femmes qui errent dans le monde d'après la mort, dans le Bardo tibétain du Bardo Thödol, ou voyagent de rêve en rêve, à la recherche de l'âme sœur ou d'un territoire utopique.
L’originalité des écrits d’Antoine Volodine a souvent conduit la critique à le présenter comme inclassable. La catégorie littéraire nouvelle dont il se réclame, le « post-exotisme », permet toutefois d’aborder son œuvre sans se perdre dans des systèmes de classifications intenables. Ce terme, qui à l’origine se voulait une simple marque d’indépendance, correspond bien aujourd’hui à un projet concret : donner à lire « une littérature étrangère écrite en français », « une littérature de l’ailleurs qui va vers l’ailleurs ». Antoine Volodine a signé une quinzaine de livres et s’est présenté comme « porte-parole » du post-exotisme et de ses « divers » écrivains. 

lundi 28 janvier 2019

La peste écarlate de Jack London

Un roman post apocalyptique avant l'heure.
2E chez Librio

Quatrième de Couverture:

Un vieillard déambule dans la baie de San Fransisco en compagne de ses petits enfants. Vêtus de peau de bête, ils chassent pour se nourrir, se réchauffent autour du feu et se protègent des ours et des loups grâce à l'arc et à la fronde. Nous sommes en 2073. Il y a 60 ans, une terrifiante maladie, la Peste Écarlate, a ravagé l'humanité.
Les rares survivants, retournés à l'état de nature, se sont réunis en tribus sans passé ni culture. Le grand-père, ancien professeur, se souvient du monde d'avant l'épidémie: mais comment le raconter à Edwin, Hou-Hou et Bec-de-lièvre, ces petits sauvages qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter.



Ce que j'en dis...
Un roman très didactique, trop diront certains, sur les travers d'une humanité qui se meurt et où l'homme est un loup pour l'homme... Et sur les travers d'une humanité qui se reconstruit et qui n'a rien conservé de l'ancienne si ce n'est le gôut pour la domination.
Accessible à 11/12 ans.
Merci à la prof de mon fils. J'ai adoré même si lui, avant moi, comme tout bon ado,  a trouvé ça passable.

samedi 11 août 2018

https://www.telerama.fr/livres/regne-animal,146865.php


Une fresque puissante, où le sort d'une famille d'éleveurs reflète la violence qui imprègne nos vies.
Le texte court au ras des corps, tragique et halluciné, âpre et lyrique tout à la fois, radical et violent jusqu'au malaise. Corps au travail, harassés, malmenés, cabossés. Corps blessés, « suintant et dégorgeant le sang, le pus et la glaire ». Corps jouissant, en quelques gestes heurtés, rapidement emportés en un dernier spasme « qui pourrait être celui d'une agonie ». Organique, vibrant, Règne animal fouille les entrailles d'une famille d'éleveurs du Gers, minuscules paysans devenus entrepreneurs, propriétaires d'un élevage industriel de porcs où les truies allaitantes, entravées par des sangles et des barres de métal, survivent sur des plaques de fibrociment.
La fresque s'étend sur le xxe siècle, prend sa source dans la nuit d'une petite exploitation familiale où les protagonistes n'ont pas encore de nom, juste « le père »ou « la génitrice », victimes d'un destin qu'ils n'ont pas choisi, collés au bétail et à la terre où s'infiltrent le sang des bêtes et la sueur des hommes.
A cette violence archaïque s'ajoute bientôt celle de la grande boucherie de la guerre de 14, avant que le récit ne passe brutalement à 1981, année de naissance de l'auteur, quand les porcs sont devenus des machines high-tech, la ferme une usine à viande et les hommes des esclaves de la course au rendement. Le texte court, sans fléchir jamais, fascinant de noirceur, s'attache aux détails, traque les gestes et les regards, précis jusqu'à l'hyperréalisme. Il dit les odeurs et les humeurs, les suintements, la sueur et le sang et le foutre et la merde, le martyre des animaux et la souffrance des hommes. Jean-­Baptiste Del Amo, inspiré et engagé, explore avec une singulière puissance la violence faite aux animaux, s'interroge sur la transmission de cette brutalité d'une génération à l'autre, et pose in fine la question de notre humanité. Ce quatrième roman est sans doute son meilleur. — Michel Abescat

| Ed. Gallimard, 432 p., 21 €.