Affichage des articles dont le libellé est Book un. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Book un. Afficher tous les articles

samedi 4 juillet 2020

samedi 21 mars 2020

« Il a été tiré de son sommeil – ça pouvait être la mi-nuit ou plus – par un grand cri qui est venu le toucher dans l’oreille comme une pierre :
— C’est Mamèche !
Sans voir la porte, en deux sauts, il a été dehors. Il avait encore les yeux collés de sommeil.
C’était bien la Mamèche. Elle était là-haut, sur le rempart avec du feu dans la main. Elle haussait la main et le feu. On la voyait tout entière. Elle avait mis sur la tête son fichu noir. La fumée du feu montait vers le nord.
— Que tu as ? crie Panturle de toutes ses forces.
— Rien.
— Malade ?
— Non.
— Alors ?…
Un moment sans répondre ; on dirait qu’elle prend des forces pour bien crier, bien dire.
Elle montre le sud avec son flambeau :
— Ça vient, ça vient !
Elle n’est pas un peu folle ? se demande Panturle.
Quand même il se retourne vers le sud, lui aussi. Ça a changé depuis la tombée du jour : une force souple et parfumée court dans la nuit. On dirait une jeune bête bien reposée. C’est tiède comme la vie sous le poil des bêtes, ça sent amer. Il renifle. Un peu comme l’aubépine. Ça vient du sud par bonds et on entend toute la terre qui en parle.
Le vent du printemps ! »
Jean Giono, "Regain"

dimanche 1 mars 2020

Antoine Volodine Frères sorcières


https://www.rythmes-croises.org/denis-frajerman-antoine-volodine-vociferations-cantopera/

via Wikipédia:

AliasManuela Draeger
Elli Kronauer
Lutz Bassmann
Naissance
Chalon-sur-Saône, Drapeau de la France France
Activité principaleRomancier
DistinctionsGrand prix de l'Imaginaire (1987)
Prix du Livre Inter (2000)
Prix Medicis (2014)

Après des études de lettres, Antoine Volodine enseigne le russe pendant quinze ans et se consacre à l'écriture et à la traduction à partir de 1987. Il commence à publier des romans dans la collection « Présence du futur » des éditions Denoël, tout en déclarant que ses livres n’appartiennent pas au registre de la science-fiction. Il publiera ensuite aux éditions de Minuit, puis chez Gallimard et au Seuil.
Dès ses premiers livres, il construit avec constance un édifice romanesque à plusieurs voix qu'il nomme « post-exotisme ». Il se place délibérément à l'écart des courants littéraires contemporains et se réclame à la fois du réalisme magique et d'une littérature internationaliste, engagée, où se croisent l'onirisme et la politique. Les thèmes de ses ouvrages sont marqués par une réflexion sur l'histoire du xxe siècle, sur les génocides et l'échec des révolutions. Dans un décor souvent ruiniforme ou carcéral, les personnages sont des rescapés hantés par le passé, cherchant à fuir leur misère affective en inventant des univers féeriques ou des espaces parallèles. Profondément attiré par les cultures asiatiques, et en particulier par le chamanisme et le bouddhisme, Antoine Volodine met volontiers en scène des hommes et des femmes qui errent dans le monde d'après la mort, dans le Bardo tibétain du Bardo Thödol, ou voyagent de rêve en rêve, à la recherche de l'âme sœur ou d'un territoire utopique.
L’originalité des écrits d’Antoine Volodine a souvent conduit la critique à le présenter comme inclassable. La catégorie littéraire nouvelle dont il se réclame, le « post-exotisme », permet toutefois d’aborder son œuvre sans se perdre dans des systèmes de classifications intenables. Ce terme, qui à l’origine se voulait une simple marque d’indépendance, correspond bien aujourd’hui à un projet concret : donner à lire « une littérature étrangère écrite en français », « une littérature de l’ailleurs qui va vers l’ailleurs ». Antoine Volodine a signé une quinzaine de livres et s’est présenté comme « porte-parole » du post-exotisme et de ses « divers » écrivains. 

samedi 10 août 2019

Murakami, les amants du Spoutnik



Chacun d'entre nous a connu un événement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont de la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torches pour illuminer leur vie tout entière. Mais, une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée.






Demain, un avion me ramènera à Tokyo. Les vacances d'été seront finies, et je me replongerai dans un quotidien qui se répétera sans fin. Là-bas se trouve ma place. Mon appartement, mon bureau, ma salle de classe, mes élèves m'attendent.
Des jours paisibles, des romans à lire, des aventures occasionnelles aussi.
Pourtant, je ne serai plus jamais le même. Mon entourage ne s'en rendra pas compte, parce que rien dans mon apparence n'aura changé. Mais quelque chose en moi aura disparu, se sera consumé. Du sang a été versé. Quelqu'un, quelque chose, a quitté l'intérieur de mon être. En baissant la tête, sans un mot. Une porte s'est ouverte, une porte s'est refermée. Une lumière s'est éteinte. Aujourd'hui, celui que j'étais vit son dernier jour. Il contemple son dernier crépuscule. Quand l'aube se lèvera, celui que je suis maintenant aura disparu et un autre habitera ce corps.
Murakami, les amants du Spoutnik

 Bien sûr, il n’était pas facile pour moi d’accepter qu’elle n’éprouvât presque aucun (pour ne pas dire aucun) intérêt pour moi en tant que représentant du sexe masculin. En sa présence, je ressentais parfois une souffrance aussi aigüe que si une lame de sabre avait pénétré dans mes chairs. Pourtant, en dépit de cette souffrance, les moments passés en sa compagnie étaient plus précieux que tout à mes yeux. C’était seulement auprès d’elle que je parvenais à oublier le sentiment de solitude inscrit en filigrane dans ma vie. Elle élargissait les limites du monde où je vivais, m’aidais à respirer plus profondément. Personne d’autre ne me faisait cet effet.

lundi 22 juillet 2019

"La pastorale américaine", puissant est insuffisant, je n'est pas le recul ni le vocabulaire suffisant. Un livre monumental pour qui s'interroge sur le bien, le mal, l'autorité, les existences qui glissent, la générosité, l’égoïsme, l'éducation... En réalité on est loin de la religion et du couple mixtes qui ne sont que prétextes... L'ambivalence est le vrai sujet... Les messages paradoxaux des parents mais aussi de la société... Les apparences et l’intégrité... Je le relis bientôt très vite! E<t du coup, ma question récurrente, pourquoi Modiano plutôt que Roth?

Certains critiques disent que cette lecture a été une souffrance physique... Pour moi aussi, une claque, une boule au ventre, une tension, d'habitude Roth cause sexe et me fait rire. Là, je n'ai pas ri!

Philip Milton Roth, né le  à Newark dans le New Jersey et mort le 2 à New York1, est un écrivainaméricain, auteur d'un recueil de nouvelles et de 26 romans, dont plusieurs ont fait l'objet d'adaptations cinématographiques.






lundi 15 juillet 2019

l est possible que le livre soit le dernier refuge de l'homme libre.
Si l'homme tourne décidément à l'automate, s'il lui arrive de ne plus penser que selon les images toutes faites d'un écran, ce termite finira par ne plus lire.
Toutes sortes de machines y suppléeront : il se laissera manier l'esprit par un système de visions parlantes. La couleur, le rythme, le relief, mille moyens de remplacer l'effort et l'attention morte, de combler le vide ou la paresse de la recherche et de l'imagination particulières ; tout y sera, moins l'esprit.
André Suarès.

lundi 25 mars 2019

Maudits
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....


Maudits
Joyce Carol Oates
___________________
Il est bon de se rappeler que Jésus nous engage à regarder au fond des âmes sans nous laisser éblouir par les apparences;




Maudits
Joyce Carol OatesLe véritable fondateur de l'anarchie fut Jésus-Christ Et la première société anarchiste fut celle des Apôtre. Car les faibles se dresseront contre leurs oppresseurs et les derniers seront les premiers ; le prolétariat triomphera de ses ennemis de classe; et la bourgeoisie et l'Etat dépériront et disparaîtront. En attendant ce jour nous enseignons la propagande par le fait et la réappropriation individuelle.
Voilà ce que je lis dans les Réflexions révolutionnaires de Bakounine, que j'ai commandées par la poste; en cachette de Horace qui désapprouverait vivement, ....




Maudits
Joyce Carol OatesMais Winslow ne parut pas comprendre et reprit obstinément la thèse de son sermon : "L'existence d'un mécanisme aussi complexe prouve l'existence d'un "créateur" - il en va de même pour notre espèce complexe et le vaste monde...
_Non, grand-père: étant donné la diversité et les processus stupéfiants du monde, sans parler de tout ce qui y va horriblement mal, il est plus rationnel de supposer qu'il n'y a pas de "créateur", tout s'est fait par accident et nous devons tâcher de le comprendre.
_ Jamais! Je ne pourrais jamais croire que le monde est un accident et non une "création". Et les gens à qui je parlerai, qui ont foi dans notre enseignement, ne le croiront jamais non plus."
Winslow s'exprimait avec véhémence avec fureur. Son regard, d'ordinaire bienveillant, brillait de rage. Josiah n'avait jamais vu son grand-père dans cet état, et il se fit aussitôt des reproches, car à quoi servait une telle discussion, en fin de compte? L'ancienne génération croyait ce qu'elle devait croire, se dit-il. Des générations plus jeunes la supplanteront et auront pitié de l'ignorance que leurs aînés qualifiaient fièrement de "foi".*
Marmonnant une excuse, Josiah se glissa hors du bureau de son grand-père.
Ils ne devaient plus jamais discuter du sujet.
Il est pris au piège comme un papillon dans un bocal. Tant qu'il reste de l'oxygène il peut survivre. Mais pas davantage.
*Josiah Slade fait-il ici preuve de prescience ou de naïveté? Captivé par sa précieuse théorie de l'évolution au point d'imaginer une progression similaire des idées dans la sphère humaine? Jamais en effet la raison ne supplantera la foi tant que durera Homo Sapiens.








Condorcet
"Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ?"
Sur l’admission des femmes au droit de cité, 1790.









De Vigny
"Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur demander pardon."









samedi 23 mars 2019

’une alliance. Je t’ai simplement fait remarquer qu’il n’y en avait probablement pas de la taille de tes doigts effilés. Nous sommes entrés quand même dans le magasin. La vendeuse est allée chercher sa plus petite alliance, mais elle était encore beaucoup trop grande pour toi.
Le bijoutier, qui me connaissait, est intervenu.
– Nous pouvons vous la mettre à sa mesure pour demain.
Et c’est ainsi qu’à l’âge de huit ans, neuf peut-être, tu portais fièrement un cercle d’or à ton annulaire.
Un jour tu m’as dit, en mettant ta main à côté de la mienne :
– C’est juste la même que toi.
Et alors seulement j’ai eu le soupçon encore assez vague que tu connaissais plus que je ne le supposais l’utilisation des alliances.
Au cours des ans, il a fallu l’élargir deux ou trois fois car tu tenais obstinément à la porter. Et tout récemment, lorsque j’ai reçu la lettre où tu exprimais tes dernières volontés, j’ai vu que tu voulais être incinérée avec ton alliance.
J’ai donné des instructions en conséquence et maintenant, dans notre petit jardin, il y a un tout petit peu d’or mêlé à tes cendres.
Ce qui me rappelle un autre souvenir déjà lointain. Lorsque tu devais, pour une raison ou pour une autre, retirer ta bague, comme tu disais, ne fût-ce qu’un moment, tu refusais de la remettre toi-même et tu me demandais chaque fois de le faire (…). »

Georges SIMENON, "Mes dictées", mercredi 31 mai 1978.

mardi 12 février 2019

Véronique Ovaldé
Soyez imprudent les enfants


Je savais bien qu'il transportait des tracts depuis chez les rebels jusqu'à Uburuk _ ils avaient une petite imprimerie là-bas_ , et il y a toujours eu de bonnes âmes à Uburuk prêtes à se joindre à la majorité en place, de bonnes âmes qui quémandent un bon point et qui vont en tout bien tout honneur dire ce qu'elles ont à dire à l’occupant fasciste, et qui continuent à se regarder dans le miroir chaque matin avec la conviction du travail bien fait, ou du moins l'assurance qu'il aurait été impossible de faire autrement, c'est nauséabond ma princesse mais c'est comme ça.

....


tatoo de Boyanomaly, Lyon (69).

dimanche 10 février 2019

Repose en paix Tomi Ungerer

Je n'ai pas de langue maternelle. J'ai simplement plusieurs langues fraternelles."
Quel meilleur moyen pour rencontrer un homme que de lire ses pensées jetées pendant des années dans un petit calepin. J'aime beaucoup Tomi Ungerer, son désespoir, sa tristesse pour l'Alsace, ses sautes d'humeur qui se dévoilent dans ce recueil et sa volonté farouche d'aller de l'avant sans oublier le passé et son humour corrosif. C'est une personnalité qui ne peut être enfermée, qui n'a pas de frontière, en perpétuel doute.
"J'essaie d'apprendre aux enfants à se moquer des adultes. Les enfants grandissent et les adultes rapetissent. Ils finissent par avoir la même taille."















dimanche 3 février 2019

"J'ai découvert ce secret : après avoir gravi une colline, tout ce que l'on découvre, c'est qu'il reste beaucoup d'autres collines à gravir." N. Mandela, Un long chemin vers la liberté...

lundi 28 janvier 2019

La peste écarlate de Jack London

Un roman post apocalyptique avant l'heure.
2E chez Librio

Quatrième de Couverture:

Un vieillard déambule dans la baie de San Fransisco en compagne de ses petits enfants. Vêtus de peau de bête, ils chassent pour se nourrir, se réchauffent autour du feu et se protègent des ours et des loups grâce à l'arc et à la fronde. Nous sommes en 2073. Il y a 60 ans, une terrifiante maladie, la Peste Écarlate, a ravagé l'humanité.
Les rares survivants, retournés à l'état de nature, se sont réunis en tribus sans passé ni culture. Le grand-père, ancien professeur, se souvient du monde d'avant l'épidémie: mais comment le raconter à Edwin, Hou-Hou et Bec-de-lièvre, ces petits sauvages qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter.



Ce que j'en dis...
Un roman très didactique, trop diront certains, sur les travers d'une humanité qui se meurt et où l'homme est un loup pour l'homme... Et sur les travers d'une humanité qui se reconstruit et qui n'a rien conservé de l'ancienne si ce n'est le gôut pour la domination.
Accessible à 11/12 ans.
Merci à la prof de mon fils. J'ai adoré même si lui, avant moi, comme tout bon ado,  a trouvé ça passable.